Volkswagen prépare un plan d'économies drastique de 20% d'ici 2028

Le groupe Volkswagen prépare un plan d'économies drastique avec 20 % de réduction des coûts d'ici 2028. Cette nouvelle cure d'austérité s'ajoute à la suppression de 35 000 postes déjà actée et vise à contrer les difficultés rencontrées en Chine et aux États-Unis. Malgré une trésorerie de 6 milliards d'euros en 2025, le constructeur allemand mise sur une réorganisation profonde de son appareil productif.
"Générer davantage de revenus avec moins de ressources" — Arno Antlitz, directeur financier Volkswagen
Une stratégie de survie face aux turbulences
L'atmosphère se tend à Wolfsburg. Oliver Blume et son directeur financier Arno Antlitz ont dévoilé début 2026 leur feuille de route aux cadres dirigeants : diminuer les coûts de fonctionnement de 20 % avant fin 2028. Cette décision répond à une conjoncture explosive qui fragilise le géant allemand sur plusieurs fronts.
D'un côté, les ventes s'essoufflent en Chine, marché stratégique pour le groupe. De l'autre, Donald Trump durcit les barrières douanières américaines, compliquant sérieusement la stratégie d'exportation. L'Europe ajoute ses propres incertitudes avec des interrogations sur le rythme d'électrification imposé par Bruxelles.
La cure d'austérité ne s'arrête pas aux 35 000 suppressions de postes étalées jusqu'en 2030. Au premier trimestre 2025, la filiale logicielle Cariad a déjà payé le prix fort avec 30 % d'effectifs en moins. Cette division, pourtant chargée de concevoir l'architecture numérique des futurs véhicules, illustre la sévérité des coupes budgétaires.
Une réorganisation industrielle en profondeur
Le salut passe par une transformation radicale de l'outil productif. Volkswagen abandonne le raisonnement par marque au profit d'une logique régionale. L'idée ? Harmoniser les processus industriels entre une Seat assemblée en Espagne et une Skoda produite en République tchèque.
Cette nouvelle structure en cinq régions de production doit apporter la flexibilité tant recherchée. Si une usine tourne au ralenti pour une marque, elle pourra soutenir la production d'une autre sans friction. Cette intégration poussée représente le levier le plus puissant dont dispose Oliver Blume pour atteindre ses 20 % d'économies.
Le Brand Core Group regroupe désormais Volkswagen, Skoda, Seat, Cupra et Volkswagen Véhicules Utilitaires sous un pilotage unifié. Les fonctions Production, Développement technique et Achats fonctionneront de manière transversale, permettant d'exploiter chaque synergie possible entre les marques.
Des chiffres qui masquent les fragilités
Paradoxalement, les indicateurs financiers immédiats ne virent pas au rouge. Volkswagen a même surpris les analystes avec un flux de trésorerie nette de 6 milliards d'euros pour 2025. Les prévisions 2026 restent solides avec un atterrissage attendu autour de 5 milliards d'euros.
Quand cette restructuration entrera-t-elle en vigueur ?
La réorganisation a déjà commencé avec la mise en place du Brand Core Group fin 2025. Les économies de 20 % devront être réalisées progressivement d'ici fin 2028, avec des premiers effets visibles dès cette année.
Cette trésorerie confortable ne doit pourtant pas masquer les failles structurelles. Porsche traverse une période délicate avec des performances très faibles, situation inédite pour la marque de prestige. Le rebond espéré en Chine semble encore lointain, les experts n'anticipant aucune amélioration notable avant plusieurs années.
L'Amérique du Nord reste un terrain difficile où les parts de marché peinent à décoller malgré les investissements consentis. Cette faiblesse géographique limite les options du groupe face à la fermeture progressive du marché chinois.
Production harmonisée et gains d'efficacité
La nouvelle approche régionale promet des gains substantiels. Dans le seul domaine de la production, cette réorganisation pourrait dégager un potentiel d'économies cumulé d'un milliard d'euros d'ici 2030 selon les premières estimations internes.
Cette stratégie du "faire mieux avec moins" s'appuie sur l'exploitation maximale des synergies entre marques. Les plateformes MQB pour le thermique et MEB pour l'électrique permettent déjà un partage intelligent des composants. L'arrivée future de l'architecture SSP unifiera encore davantage cette approche.
Le plan de Volkswagen illustre les défis majeurs de l'industrie automobile européenne. Entre pression réglementaire, concurrence chinoise et incertitudes géopolitiques, les constructeurs doivent repenser entièrement leur modèle économique. Cette transformation radicale déterminera si le géant de Wolfsburg peut conserver son leadership face aux bouleversements en cours.
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Rédigé par
Jules DuboisSpécialiste électrique, hybride, batterie, recharge, autonomie, technologies, electrique, nouveaute
Journaliste automobile passionné par la mobilité électrique et les nouvelles technologies. Après 10 ans dans la presse spécialisée, Jules décrypte ...
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