ACC abandonne ses projets de gigafactories en Italie et Allemagne

574 mots3 min de lecturePar Jules Dubois
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L'Automotive Cells Company (ACC) abandonne définitivement ses projets de gigafactories à Kaiserslautern en Allemagne et à Termoli en Italie. La joint-venture entre Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies concentre désormais ses efforts sur son site français de Billy-Berclau/Douvrin, où la production doit monter en cadence d'ici 2026.

"La direction d'ACC nous a confirmé ce matin ce que nous redoutions depuis longtemps : le projet d'ACC de construire une gigafactory à Termoli a été définitivement abandonné, tout comme celui en Allemagne" — Syndicat italien UILM

Deux projets rayés de la carte

ACC a officialisé l'abandon de ses deux gigafactories européennes après les avoir mises sur pause en mai 2024. La société explique que "les conditions préalables permettant la relance des projets d'ACC en Allemagne et en Italie ne sont pas réunies". Un constat qui met fin à des ambitions affichées depuis 2020.

Le syndicat italien des métallurgistes UILM s'est montré le plus direct, confirmant que l'arrêt était "définitif" pour les deux sites. ACC a ouvert des discussions avec les représentants du personnel pour organiser les "modalités d'arrêt éventuel" des projets de Kaiserslautern et Termoli.

Stellantis dans la tourmente

Cette annonce intervient au lendemain des révisions stratégiques massives de Stellantis, qui détient 45 % du capital d'ACC. Le constructeur franco-italo-américain a récemment annoncé des charges exceptionnelles de 22 milliards d'euros après avoir surestimé le rythme des ventes électriques.

Carlos Tavares et ses équipes "suivent de près la situation et restent pleinement mobilisés pour en évaluer les implications industrielles et sociales", indique un communiqué du groupe. Une position prudente qui masque mal les difficultés économiques actuelles.

Que devient l'usine de Termoli ?

Le site italien ne ferme pas pour autant. Emanuele Cappellano, directeur Europe de Stellantis, a confirmé que l'usine continuera à produire des moteurs à essence "jusqu'en 2030 et même après". Ces motorisations seront adaptées aux normes Euro 7.

Cette reconversion permet "la continuité opérationnelle du site, associé à des productions clés pour l'avenir de l'entreprise", selon Cappellano. Une façon de rassurer les 2 500 employés du site italien qui craignaient pour leur avenir.

La France, seule survivante du projet initial

Les plans originaux d'ACC prévoyaient trois sites de production avec une capacité de 8 GWh chacun. Désormais, seul le site français de Billy-Berclau/Douvrin dans le Pas-de-Calais reste d'actualité. Sa capacité sera même renforcée avec deux lignes de 13 GWh et 15 GWh, pour un total de 28 GWh annuels.

La production française doit débuter à l'été 2025 pour alimenter les modèles électriques de Stellantis et Mercedes-Benz. Un calendrier serré qui concentre tous les espoirs de la joint-venture sur un seul site.

L'Europe perd deux gigafactories stratégiques

Cet abandon représente un coup dur pour l'autonomie européenne en matière de batteries. Avec la fermeture des projets allemand et italien, l'Europe perd deux sites stratégiques face à la domination asiatique du secteur. Les cellules continueront majoritairement à arriver de Chine et de Corée du Sud.

La demande européenne en batteries reste pourtant soutenue malgré le ralentissement des ventes électriques. Mais ACC préfère miser sur la montée en puissance de son site français plutôt que de disperser ses investissements sur trois pays.


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Rédigé par

Jules Dubois

Spécialiste électrique, hybride, batterie, recharge, autonomie, technologies, electrique, nouveaute

Journaliste automobile passionné par la mobilité électrique et les nouvelles technologies. Après 10 ans dans la presse spécialisée, Jules décrypte ...

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