Renault : un moteur électrique chinois bientôt assemblé à Cléon

494 mots3 min de lecturePar Jules Dubois
Renault : un moteur électrique chinois bientôt assemblé à Cléon

Renault va assembler des moteurs électriques chinois dans son usine de Cléon dès 2027. Cette décision concerne les modèles d'entrée de gamme comme la Twingo, déjà équipée d'un moteur Shanghai E-drive. L'objectif : produire jusqu'à 120 000 unités par an tout en diversifiant l'activité du site normand.

"En se tournant vers la Chine, Renault a bouclé le développement de la Twingo en 24 mois, une réduction de 50 % du temps normalement nécessaire" — L'Auto Journal

Une stratégie assumée pour les petites électriques

Renault ne cache pas sa stratégie. Le constructeur au losange a annoncé la semaine dernière à ses représentants du personnel son intention d'assembler en France des moteurs électriques d'origine chinoise. Ces groupes propulseurs équiperont ses modèles d'entrée de gamme, notamment la Twingo E-Tech lancée en 2024.

Cette décision s'inscrit dans une logique déjà éprouvée. La nouvelle Twingo, développée en seulement 24 mois grâce au centre R&D "ACDC" de Shanghai, importe déjà ses moteurs de Shanghai E-drive. Un pari gagnant qui a permis de diviser par deux les délais habituels de développement.

renault leon 2026

Jusqu'à 120 000 moteurs par an à Cléon

L'usine normande de Cléon pourrait accueillir une nouvelle ligne de production dédiée à ces moteurs chinois. Selon la presse spécialisée, la capacité visée atteindrait 120 000 unités par an dès 2027.

Cette montée en cadence répond à une demande croissante. La Twingo électrique, proposée à partir de 19 490 €, offre 265 km d'autonomie WLTP et un équipement de série bien plus généreux que ses prédécesseurs. Un positionnement qui séduit face à une précédente génération électrique lancée à 21 350 € pour seulement 190 km d'autonomie.

Quels modèles concernés par ces moteurs chinois ?

Renault reste discret sur les modèles précis qui recevront ces moteurs assemblés à Cléon. Si la Twingo fait figure d'évidence, la R5 électrique, lancée en septembre 2024, utilise pour l'instant un moteur fabriqué en interne par Renault.

L'objectif affiché vise les "modèles électriques d'entrée de gamme". Une stratégie qui pourrait s'étendre à d'autres citadines du groupe, dans un contexte où la pression sur les coûts s'intensifie pour démocratiser l'électrique.

Diversifier pour survivre

Cette collaboration sino-française s'accompagne d'autres projets pour maintenir l'activité de Cléon. Le site normand développe également la fabrication de drones militaires sous l'égide de la Direction générale de l'armement.

Une diversification nécessaire alors que l'industrie automobile européenne fait face à la concurrence chinoise. Les constructeurs asiatiques maîtrisent mieux les coûts de production et les délais de développement, contraignant leurs homologues européens à repenser leurs méthodes.

Une tendance qui dépasse Renault

Le phénomène touche d'autres marques. Mini assemble ses Cooper et Aceman électriques directement en Chine avec des composants locaux. Leapmotor, marque chinoise, ne réalise que l'assemblage final de sa T03 en Europe.

Cette réalité interroge sur l'avenir du "made in France" automobile. Mais elle reflète aussi une adaptation pragmatique aux nouvelles donnes du marché électrique, où vitesse et compétitivité prix priment sur l'origine géographique des composants.


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Rédigé par

Jules Dubois

Spécialiste électrique, hybride, batterie, recharge, autonomie, technologies, electrique, nouveaute

Journaliste automobile passionné par la mobilité électrique et les nouvelles technologies. Après 10 ans dans la presse spécialisée, Jules décrypte ...

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