Stellantis : le moteur Firefly remplace le PureTech sur les Fiat

1419 mots8 min de lecturePar Jules Dubois
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Stellantis change son fusil d'épaule sur les motorisations essence de ses petites voitures. Le groupe italo-américain prépare le moteur Firefly pour prendre la relève des PureTech (ex-Prince) sur une grande partie de ses citadines et compactes européennes — dont les modèles Fiat, Peugeot, Citroën et Opel. Calendrier de transition, fiabilité, cylindrée : voilà ce qu'on sait vraiment.

"La Peugeot 308 va retrouver le diesel" — Automobile Magazine, sur la nouvelle stratégie moteurs de Stellantis

Le PureTech, un héritage encombrant

Le trois cylindres 1.2 PureTech a une réputation bien établie — et pas la meilleure. Pendant des années, ce bloc partagé entre Peugeot, Citroën, Opel, DS et Fiat a accumulé les problèmes de chaîne de distribution et de joints de culasse. Stellantis a dépensé des centaines de millions en rappels et extensions de garantie. Sur la Peugeot 3008, Automobile Magazine note l'incongruité d'un SUV familial propulsé par "un petit trois cylindres 1.2 pour un type de véhicule qui pouvait autrefois recevoir un 2.0 HDi de 180 ch avec un couple généreux". Le message est clair : le PureTech, même amélioré, traîne un boulet réputationnel.

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💡 Le saviez-vous ?
Le moteur PureTech 1.2 a fait l'objet de plusieurs rappels massifs en Europe liés à des problèmes de chaîne de distribution et de joints de culasse, coûtant plusieurs centaines de millions d'euros à Stellantis en garanties et litiges clients.

Le Firefly, c'est quoi exactement ?

Le Firefly est un bloc essence développé initialement par Fiat pour les marchés émergents (Brésil, Inde). C'est un trois cylindres 1.0 litre ou quatre cylindres 1.3 litre selon les versions, avec une architecture moderne et une réputation de robustesse bien différente du PureTech. La grande question : est-ce qu'un moteur conçu pour des Fiat Argo et Cronos brésiliens sera à la hauteur des exigences européennes en termes de dépollution, de raffinement et de performances ?

Sur le papier, le Firefly a des atouts. L'architecture est plus simple, la fiabilité dans les marchés où il tourne depuis plusieurs années est bonne. Mais "simple et robuste" ne veut pas dire "adapté à l'Euro 7" sans un travail d'ingénierie conséquent. Stellantis devra composer avec les normes européennes d'émissions qui se durcissent encore, dans un contexte où le groupe perd du terrain partout.

📋 Fiche technique

Moteur Fiat Firefly 1.0 T3Moteur PureTech 1.2 (actuel)
⚙️Moteur
3 cylindres 1.0 litre turbo3 cylindres 1.2 litre turbo
Puissance
101 ch100 à 136 ch selon versions
🔧Couple
190 Nm205 à 230 Nm

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Quand ce moteur arrivera-t-il en Europe ?

Pas encore de date officielle communiquée par Stellantis pour un déploiement européen du Firefly sur les marchés grande série. La transition semble s'opérer progressivement, modèle par modèle. Ce qui est acquis, c'est que le PureTech ne sera pas reconduit indéfiniment : Stellantis a clairement signalé qu'il cherche un successeur pour ce bloc sur ses petites cylindrées, et le Firefly est le candidat interne le plus sérieux. L'adaptation aux normes Euro 7 — qui entrent en vigueur à partir de 2026 pour les nouveaux modèles — sera le vrai test.

📊 Chiffre clé
En 2025, le diesel représentait seulement 7,7 % des immatriculations totales en Europe, contre plus de 50 % avant le Dieselgate de Volkswagen en septembre 2015. Un effondrement qui explique pourquoi Stellantis cherche à muscler ses offres essence.

La stratégie moteurs de Stellantis part dans tous les sens

C'est là où ça devient intéressant — ou inquiétant selon le point de vue. D'un côté, Stellantis relance le diesel sur des compactes qui n'en avaient plus : la Citroën C4 et la Peugeot 308 vont retrouver un bloc HDi, selon Automobile Magazine. De l'autre, le groupe prépare le Firefly comme successeur essence, tout en gérant la transition électrique avec ACC (sa co-entreprise batteries avec Mercedes et TotalEnergies) qui traverse des difficultés de montée en cadence à l'usine de Douvrin.

Sur les véhicules utilitaires, c'est encore une autre histoire : le Multijet 2.2 litres vient d'être homologué Euro 6e-bis et remplace le 2.0 sur les Fiat Scudo, Citroën Jumpy, Peugeot Expert et Opel Vivaro. Ce nouveau bloc affiche jusqu'à 13 % de réduction de consommation par rapport à son prédécesseur, avec deux niveaux de puissance à 150 ch et 180 ch, tous deux avec 400 Nm de couple.

Le diesel qui revient, un aveu d'échec ?

Stellantis avait fait comme tout le monde : supprimer le diesel sur les compactes pour pousser vers l'hybride et l'électrique. Résultat : des clients perdus, des ventes en berne, et un groupe qui affiche plus de 22 milliards d'euros de pertes dans ses derniers résultats financiers (dont plus de 14 milliards concentrés sur la relance aux États-Unis). Ramener le diesel sur la 308 ou la C4, c'est admettre que la demande était là et que le groupe l'a ignorée trop longtemps.

La comparaison avec Ford est parlante : selon Motor.es, le constructeur américain est leader des véhicules commerciaux en Europe depuis onze ans précisément parce qu'il n'a pas sacrifié la combustion au nom d'une stratégie d'image.

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⚙️ Point technique
Le nouveau moteur diesel Multijet 2.2 litres de Stellantis intègre un système d'injection directe de dernière génération et une recirculation des gaz d'échappement révisée. Il est apparu en premier sur le Fiat Ducato lors de sa refonte en 2024, avant d'être progressivement étendu aux autres utilitaires du groupe.

Le Firefly peut-il vraiment convaincre les Européens ?

La question honnête. Un moteur pensé pour le Brésil des années 2010 devra être sérieusement revu pour tourner en Europe en 2026-2027. Ça demande du temps, de l'argent et de l'ingénierie — trois ressources que Stellantis gère mal en ce moment. Si l'adaptation est bâclée, le groupe risque de troquer un problème (PureTech) pour un autre.

Mais si Stellantis joue la carte de la simplicité mécanique et de la durabilité sur ce nouveau bloc, c'est exactement ce que les clients attendent après des années de PureTech. La clientèle des Fiat Panda, 500, Peugeot 208 et autres Citroën C3 ne veut pas de technologie miracle — elle veut que ça dure. Le Firefly a la réputation pour ça. Il faut juste que ça se confirme côté émissions et raffinement en conditions européennes.

Un bloc "correct, fiable, pas brillant" serait une vraie victoire après ce que le PureTech a fait subir aux clients.


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Questions fréquentes

Le moteur Firefly va-t-il équiper toutes les Fiat en Europe ?
La transition n'est pas encore officielle pour l'ensemble de la gamme européenne. Le Firefly est le successeur interne pressenti du PureTech sur les petites cylindrées, mais Stellantis n'a pas encore publié de feuille de route officielle marché par marché. Les premiers modèles concernés devraient être les citadines Fiat, Peugeot et Citroën d'entrée de gamme.
Quelle est la puissance du moteur Firefly en version européenne ?
En version actuelle sur les marchés émergents, le Firefly 1.0 turbo développe 101 ch pour 190 Nm de couple. La version adaptée aux normes Euro 7 pour l'Europe pourrait voir ses caractéristiques évoluer — ces chiffres ne sont pas encore confirmés pour le marché européen.
Le PureTech va-t-il vraiment disparaître ?
Pas immédiatement. Le PureTech continue d'équiper les modèles actuels en production. La transition vers le Firefly se fera progressivement lors des renouvellements de gamme, probablement à partir de 2026-2027 pour les premiers modèles concernés.
Pourquoi Stellantis relance aussi le diesel en même temps ?
Stratégie de rattrapage commercial. Le groupe a perdu des ventes en supprimant trop tôt le diesel sur les compactes comme la Peugeot 308 et la Citroën C4. Le retour du diesel vise à récupérer des clients qui sont partis vers la concurrence — notamment Renault et Volkswagen — faute d'alternative thermique satisfaisante dans la gamme Stellantis.
Le nouveau Multijet 2.2 diesel est-il disponible sur les voitures particulières ?
Non, pour l'instant ce bloc est réservé aux véhicules utilitaires comme les Fiat Scudo, Citroën Jumpy, Peugeot Expert et Opel Vivaro. Il développe 150 ou 180 ch avec 400 Nm de couple dans les deux cas, et affiche une réduction de consommation de 13 % par rapport à l'ancien 2.0 litres.

Rédigé par

Jules Dubois

Spécialiste électrique, hybride, batterie, recharge, autonomie, technologies, electrique, nouveaute

Journaliste automobile passionné par la mobilité électrique et les nouvelles technologies. Après 10 ans dans la presse spécialisée, Jules décrypte ...

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